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    Antisémitisme, racisme et xénophobie

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    Flavius



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    Racisme et anti sémitisme

    Message par Flavius le Mar 24 Déc 2013 - 18:24

    J'ai souvent affirmé sur un forum dédié à la bêtise et à l'antisémitisme bon teint, que ce vice n'était pas la propriété d'une certaine extrême droite, mais une copropriété puisque depuis 40 ans ans, je constate une dérive de gauche qui n'a fait que s'accentuer de façon inversement proportionnelle au rejet par l'aile gauche du parti socialiste de la social-démocratie. En fait, les militants on vu peu à peu rogner leurs idéaux au profit d'une realpolitik peu enthousiasmante.
    Le PC et l'extrême gauche, auquel il faut ajouter le Front de gauche et les verts, ayant toujours intégré la cause palestinienne dans leur combat altermondialiste.
    Or passer de la défense de la cause palestinienne à l'antisémitisme, il n'y avait qu'une pas à faire. Mais il fallait donner à ce nouveau antisémitisme une vitrine présentable. L'antisionisme, dans lequel on retrouve même des juifs de bonne foi, a permis aux nauséabonds de se confectionner une sémantique leur permettant de contourner la loi sur les racisme et l'antisémitisme. Ce pas franchi par la base constituée de jeunes militants a qui on a servi une histoire revisitée et qui n'ont pas baigné dans l'histoire contemporaine, ainsi que les vieux nostalgiques de Pétain, Laval et Maurras, se sont trouvés un pôle de fixation facile les cimentant à une idéologie qui va bien au delà de l'antisionisme. Adoubés par les dirigeants de ces partis qui ne tenaient à se laisser dépassés par ces mouvement "jeunes"et pourtant d'outre-tombe, les médias, plus pernicieux, ont cédé, certainement malgré eux, pour être up to date en attaquant sous un angle plus respectable, qu'est l'anti-israélisme. Les exemples ne manques pas : - on va soustraire les informations trop bénéfiques à Israël et trouver la sémantique ad'hoc pour crucifier ses actions de défense. On parlera alors d'assassinats de civils lorsqu'il s'agira d'actions de représailles à des tirs de mortiers ou de roquettes, de façon à isoler complètement ce pays.

    Le relatif succès d’Alain Soral sur Internet est dû à ce faisceau d'instrumentalisations diverses, lequel se traduit par des alliances et des contre-alliances objectives et/ou subjectives inattendues.

    "Elles se nouent entre différentes factions idéologiques, que tout a priori sépare. Il règne un tel confusionnisme moral et intellectuel, sur fond d’une mondialisation qui suscite un doute protéiforme, que les thèses les moins rationnelles trouvent. C’est précisément Alain Soral, lui-même passé de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, qui constitue le pôle fixateur de ces thèses, de même que de cet amalgame improbable.

    La presse s’épanche beaucoup ces derniers temps sur le geste dit de "la quenelle" et ses significations subversives, tantôt antisémites tantôt trivialement vulgaires, popularisées par Dieudonné, Alain Soral et leurs acolytes. Mais bien peu de cas est fait des transactions "collusives" entre la galaxie Soral et certains membres de mouvements catholiques néo-traditionalistes ou intégristes et des membres de l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), à l’instar de Camel Bechikh, président de l’association Fils de France, Albert Ali ou l’imam recteur de Bordeaux, Tareq Oubrou, qui est leur mentor théologique.

    "Le dispositif d’Alain Soral est élaboré en matière de communication publique. Il s’inscrit dans ce qu’il est convenu d’appeler en sociologie le média-activisme . Il s’efforce habilement d’associer les contraires, de capitaliser sur les récriminations des uns et des autres, en lénifiant pour ce faire les antagonismes réels, aux fins d’apparaître, en dernier lieu, comme le "Réconciliateur" français de toutes origines : ethniques, religieuses et sociales. Il sait ainsi user des fragilités identitaires d’une partie de ses concitoyens, notamment musulmans, et de la force de conviction de ses amis de confession musulmane (C. Bechikh et Albert Ali) pour créer de adhésion autour d’un discours à la fois"inclusiviste" et "exclusiviste". Comment procède-t-il ? Il use précisément de registres discursifs composites qui intègrent des éléments de langage profane et scientifique, ainsi qu’une dimension eschatologique et sotériologique opportunément œcuménique, où domine une vision déterministe et manichéenne de l’Histoire, avec, d’un côté, les gentils, et, de l’autre, les méchants.

    Par ailleurs, il y ajoute de façon systématique une touche antisémite. Pour ravir la clientèle traditionnelle (habituellement âgée entre 18 et 35 ans) du prédicateur suisse Tariq Ramadan, le président d’Égalité et Réconciliation rappelle à dessein les liens idéologiques et structurels objectifs de ce dernier avec la monarchie autoritaire du Qatar, qu’il interprète cependant à sa façon, en le présentant à cet égard comme "un agent de l’Empire" (sic), faisant "partie du système de domination" (sic), un "membre de l’oligarchie mondialiste", "le musulman au service de l’hyperclasse nomade", etc. Cependant, sur le plan sociétal et de la dénonciation du sionisme, les deux se rejoignent largement, ce qui explique que les publics peuvent être à maints égards interchangeables. Les références doctrinales de C. Bechikh et d’A. Ali sont les mêmes que celles du prédicateur suisse : Hassan al-Banna, Yûsuf al-Qaradhâwî, etc."

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    Flavius



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mar 24 Déc 2013 - 19:35

    maadim27 a écrit:
    Bonsoir Flavius,

    Après vous avoir lu, je ne peux dire qu'une chose : " Navré, je suis navré ..."
    parce que la bêtise, et tout ce qu'elle engendre, ne sera jamais éradiquée.
    C'est exact. Mais je n'en demande pas tant. Mais si cette dernière doit avoir des conséquences mortifères pour l'humanité et la dignité de l'homme, alors je ne peux me contenter de cette navrance. cette dernière doit être combattue sans réserve et sans lui trouver de quelconques justifications qu'on accorde en général aux porteurs de lacunes. L'ignorance au 21ème siècle est insoutenable car tous les outils sont à portée de main pour en atténuer les effets.
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    Ara



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Ara le Mar 24 Déc 2013 - 22:27

    Flavius a écrit:
    C'est exact. Mais je n'en demande pas tant. Mais si cette dernière doit avoir des conséquences mortifères pour l'humanité et la dignité de l'homme, alors je ne peux me contenter de cette navrance. cette dernière doit être combattue sans réserve et sans lui trouver de quelconques justifications qu'on accorde en général aux porteurs de lacunes. L'ignorance au 21ème siècle est insoutenable car tous les outils sont à portée de main pour en atténuer les effets.  
    Je viens de vous lire, moi aussi, et en effet, je dis comme vous que la "navrance" ne suffit pas ,ne peut pas suffire .

    Nous avons, par paresse, tolérance ou lâcheté, laissé aller trop loin cet antisionisme de façade.
    La dignité la plus élémentaire exige que nous combattions ces idées et ces êtres malveillants comme ils nous combattent, "oeil pour oeil...".

    Ce racisme dont on nous abreuve dans tous les médias et dont, parait-il, la France souffrirait , n'est qu'une invention des anti-racistes pour cacher l'antisémitisme qui monte .La France est bien plus antisémite,que vraiment raciste, dans mon opinion.
    Comme pour cette étiquette de "fasciste" que les sectaires de gauche nous sortent à la moindre critique , alors que, de toute évidence, ce sont eux qui se comportent en fascistes, celle de "raciste" nous est servie afin de faire taire toute critique sur leurs protégés, les délinquants.
    La citation de Churchill sur le fascisme pourrait s'appliquer également au racisme.

    “Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes antifascistes." - Winston Churchill

    Pardon pour m'être un peu (si peu ...!) éloignée du sujet. Embarassed 

    Joyeuses fêtes à tous !


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    Flavius



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 11:01

    Arawak a écrit:

    Je viens de vous lire, moi aussi, et en effet, je dis comme vous que la "navrance" ne suffit pas ,ne peut pas suffire .

    Nous avons, par paresse, tolérance ou lâcheté, laissé aller trop loin cet antisionisme de façade.
    La dignité la plus élémentaire exige que nous combattions ces idées et ces êtres malveillants comme ils nous combattent, "oeil pour oeil...".

    Ce racisme dont on nous abreuve dans tous les médias et dont, parait-il, la France souffrirait , n'est qu'une invention des anti-racistes pour cacher l'antisémitisme qui monte .La France est bien plus antisémite,que vraiment raciste, dans mon opinion.
    Comme pour cette étiquette de "fasciste" que les sectaires de gauche nous sortent à la moindre critique , alors que, de toute évidence, ce sont eux qui se comportent en fascistes, celle de "raciste" nous est servie afin de faire taire toute critique sur leurs protégés, les délinquants.
    La citation de Churchill sur le fascisme pourrait s'appliquer également au racisme.

    “Les fascistes de demain s'appelleront eux-mêmes antifascistes." - Winston Churchill

    Pardon pour m'être un peu (si peu ...!) éloignée du sujet. Embarassed 

    Joyeuses fêtes à tous !


    La France, mais ce n'est que mon avis, en tant que fille aînée de l'Eglise, a toujours été antisémite. On pourrait dire cela de toute l'Europe du sud. N'oublions pas que sous tous les régimes où l'Eglise était enchevêtrée d'une manière ou d'une autre avec le pouvoir, c'est à dire très longtemps, on apprenait d'ès l'enfance que les Juifs s'étaient rendus coupables d'un déicide. Le juif est donc devenu le bouc émissaire de l'impéritie de tous les Etats. On réglait ses problèmes, par une cause externe. Plus tard, les soviétiques, les pays communistes en général et plus récemment les pays arabes, ont utilisé cette même stratégie.

    Or ce qui n'était qu'une affaire religieuse, est devenue un idéologie populaire qui se nourrit de poncifs et lieux communs.
    Chez certains encore, on ne peut toujours pas concevoir des juifs pauvres. Ça mettrait à bas le rapport qui lie les juifs et l'argent qui constitue le reproche essentiel des antisémites qui, dans leur fantasme, voient un lobby juif gouverner le monde grâce à leur argent. Or proportionnellement on sait pertinemment qu'il y a autant de pauvres chez les juifs qu'il y en a dans la population française. 21% de pauvres en Israël où il paraît qu'il y a beaucoup de Juifs.

    Puis vint la jalousie. Il y a des Juifs prix Nobel, des enseignants, des chirurgiens de qualité, des écrivains célèbres, des artistes renommés etc...Le tout dans une petite communauté qui a risqué de disparaître.
    Et puis un pays menacé qui, malgré le nombre et le fanatisme de ses ennemis, gagne ses guerres . réussit économiquement malgré l'Etat de guerre ; qui fait pousser des roses dans le désert ; qui ne vit pas sous perfusion comme certains pays, grâce aux subsides des  Nations-Unies, etc.

    Et oui Messieurs les antisémites, ce sont vos multiples interdits qui ont permis aux Juifs de se dépasser, d'être créatifs, d'être imaginatifs, d'apprendre et de connaître...Et ce seront peut-être eux qui sauveront votre civilisation. Un comble non ?


    Dernière édition par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 13:04, édité 1 fois
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Ymar le Mer 25 Déc 2013 - 11:30

    Flavius,

    Je n'ai pas votre talent ni surtout vos connaissances sur ce sujet et me garderai de tout commentaire mais
    bien des choses que vous citez se sont présentées à ma vue et mon oreille.

    " Et oui Messieurs les antisémites, ce sont vos multiples interdits qui ont permis aux Juifs de se dépasser, d'être créatifs, d'être imaginatifs, d'apprendre et de connaître...Et ce seront peut-eux qui sauveront votre civilisation. Un comble non ? "

    Ce que j'admire en cette communauté c'est la solidarité car même à terre elle a toujours su se reprendre et cela
    avec une volonté partagée par tous et ceci tout au long des siècles.

    Bonne journée. Hymar

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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 13:02

    Hymar a écrit:Flavius,

    Je n'ai pas votre talent ni surtout vos connaissances sur ce sujet et me garderai de tout commentaire mais
    bien des choses que vous citez se sont présentées à ma vue et mon oreille.

    " Et oui Messieurs les antisémites, ce sont vos multiples interdits qui ont permis aux Juifs de se dépasser, d'être créatifs, d'être imaginatifs, d'apprendre et de connaître...Et ce seront peut-être eux qui sauveront votre civilisation. Un comble non ? "

    Ce que j'admire en cette communauté c'est la solidarité car même à terre elle a toujours su se reprendre et cela
    avec une volonté partagée par tous et ceci tout au long des siècles.

    Bonne journée. Hymar

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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 13:02

    Hymar a écrit:Flavius,

    Je n'ai pas votre talent ni surtout vos connaissances sur ce sujet et me garderai de tout commentaire mais
    bien des choses que vous citez se sont présentées à ma vue et mon oreille.

    " Et oui Messieurs les antisémites, ce sont vos multiples interdits qui ont permis aux Juifs de se dépasser, d'être créatifs, d'être imaginatifs, d'apprendre et de connaître...Et ce seront peut-être eux qui sauveront votre civilisation. Un comble non ? "

    Ce que j'admire en cette communauté c'est la solidarité car même à terre elle a toujours su se reprendre et cela
    avec une volonté partagée par tous et ceci tout au long des siècles.

    Bonne journée. Hymar

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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 13:20

    Flavius a écrit:


    Bonjour et bonnes fêtes Hymar,

    Vous savez, loin de moi de faire de cette communauté un exemple. Elle n'est pas exemplaire. Elle est comme toute les autres. Elle n'aspire même pas à ce statut. Mais voila ! On le lui a toujours refusé d'être comme les autres nations. C'est le seul peuple qui nous vient directement de l'antiquité, et cela malgré toutes les massacres, humiliations, assassinats qu'il a eu à subir. On en a fait une communauté à part. C'est peut-être parce que son histoire biblique était hors du commun qu'on attendait d'elle qu'elle soit parfaite. Quelle montre l'exemple; qu'elle fasse venir le messie ; qu'elle produise des miracles ; elle nous le devait bien puisqu'elle avait été élue ! Son martyr a été à la hauteur de la déception qu'elle a provoquée.

    Pourtant le miracle est bien arrivé avec la survivance du peuple Juif ; de la création d'Israël ; avec sa victoire sur le désert et celles sur l'obscurantisme ;  etc. Mais ces miracles là on n'a pas voulu les voir.
    Ce qui fera dire à Ben Gourion, en substance : Israël sera un pays comme les autres quand il aura ses putes et ses voleurs. 

    La solidarité ? Un mythe. La péril rend solidaire. C'est ça ou la mort. Les juifs deviennent solidaires, quand leur pays est en danger. Il ne connaîtra pas la collaboration comme cela s'est fait ailleurs, c'est vrai. Sa pérennité en dépend.


    Dernière édition par Flavius le Sam 2 Jan 2016 - 19:49, édité 1 fois
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    Ymar



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Ymar le Mer 25 Déc 2013 - 17:45

    Flavius,

    Ce que je voulais simplement dire est que je n'ai pas relevé au travers de son histoire de notables désunions
    alors que d'autres à contrario se sont quelque peu désagrégées face à diverses adversités.

     Hymar
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    Flavius



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 18:01

    maadim27 a écrit:

    Bonjour Flavius,
    Bonnes Fêtes !

    D'après le roman, "Lili la tigresse", le voeu de Ben Gourion est réalisé. 

    Bien qu' étant d'accord sur la majorité des points soulevés dans votre message, il me parait important de bémoliser.
    Le mot 'antisémite' est un anachronisme au vu de l'histoire en général : à l'époque où la France s'est trouvée fille ainée de l' Eglise avec un roi oint à Reims, la communauté juive ne faisait pas l'objet d' attaques systématiques -
    Ses représentants, bien que tenus d'assister à toutes les cérémonies, dialoguaient avec les autorités religieuses locales : c'est ainsi que dans le nord de la France, les Sages allèrent annoncer que pour se conformer aux habitudes des gens du coin ils abandonnaient la polygamie - C'était un geste spontané de leur part.
    Pour ce qui est de l'instruction, elle ne touchait que peu de villageois, ou bourgeois, et était des plus limitées. 
    Et puis, il y a les Juifs de cours qui étaient à côté des monarques plus ou moins absolus - Ils jouissaient de privilèges liés à leur situation ce qui était bien normal au vu des services rendus. 
    Les ecclésiastiques se sont chargés de la propagande anti-judaïque, mais des ecclésiastiques très fanatiques, un peu 
    illuminés, qui avaient le don d'assembler la foule. 
    Ils ont fait les frais de la Reconquista, c'est vrai. 
    Et le pouvoir s'est retrouvé dominé par un clergé avide de biens matériels qui concurrençait les aristocrates. 
    Arriva Richelieu, en France du moins, et sa vision de l'unité et de la soumission de tous à un seul homme : l'aristocratie est tombée sous la coupe du roi, elle n'avait plus d'idéaux, elle était exsangue ( voir les tragédies de Racine où un roi tel que Pyrrhus a des peines de coeur comme un  simple particulier ) - C'est la Révolution qui parmi ses horreurs a tout accordé à l'individu rien à la communauté - ce qui est troublant bien que partant d'un bon sentiment - la concurrence interne à la bourgeoisie fait naitre ce mythe du Juif détenteur de l'argent (cf Balzac et le banquier Nucingen) - 
    Mais si l'antisémitisme avait tenaillé la société à ce point, jamais le théâtre n'aurait eu de Sarah Bernard (avec une faute d'orthographe). 
    Je préfère voir des courants contraires qui agitent la société surtout lorsqu'elle refuse de reconnaitre ses responsabilités. 
    C'est un peu ce qui se passe dans le cas des deux sinistres imbéciles qui se sont auto-proclamés leaders d'opinion et qui sont deux ratés de 1° catégorie - seul point où je leur reconnais le leadership. 
    Vous citez les populations qu'ils fédèrent : ce ne sont que des extrémistes qui ne savent où s'intégrer car personne ne souhaite s'identifier à leur modus vivendi, en dehors des laissés pour compte et l'on comprend pourquoi.
    Soral malgré sa grande gouale n' a rien à opposer à un de La Morandais dont la dimension intellectuelle le dépasse largement ; or cet abbé, aussi sympathique que médiatique, a confirmé que le dernier pape serait juif. 
    Evidemment, cela met hors jeu les musulmans, exclus du dialogue. Mais en quoi ont-ils jamais été concernés ? 

    Maintenant, le racisme s'est installé au coeur du débat parce qu'on a donné tribune à un parti mal luné. 
    Son titre de gloire est de reconnaitre ce qui est, après tout le monde ou de faire des rapprochements très audacieux qu'il est incapable de justifier sans aboyer. Le bruit résonne davantage dans les locaux vides. Métaphore dans l'air du temps, je l'avoue. 
    Pourtant l'esprit de Noël devrait prendre toute la place.  santa  


    Bonsoir maadim et bonnes fêtes à vous et à vos proches...Sans oublier le greffier,

    Je reviendrai sur un point car pour ce qui est du reste, j'ai viens de répondre à Déborah, qui a abordé ce sujet, et c'est dommage, en ouvrant un autre topic. J'aurai préféré que l'on ne se disperse pas pour éviter les redondances. Je demanderai à Azhalée, qu'elle rapatrie son topic dans celui-ci qui me paraît plus approprié.

    Ceci étant dit, pour ma part, je situe le début de l'antisémitisme, au moins à Paul, l'inventeur du christianisme qui, n'ayant pas connu Jésus, a complètement détourné le message christique. Là c'est clair et indiscutable. C'est à partir de là que l'on parle de décide. Jésus est élevé à la divination par sa soi-disant résurrection que l'on ne retrouve pas dans tous les Évangiles, comme d'ailleurs la conception miraculeuse...Mais c'est une autre histoire.

    Maintenant, tout dépend de quel Moyen- âge on parle. Le Haut Moyen Age qui va jusqu'aux croisades, ou du Bas Moyen Age que l'on date à partir des croisades (1096) ? L’antisémitisme est différent, selon les périodes.
    Nous dirons que sous le Haut Moyen Age, les Juifs jouissent en général d’une grande liberté et d’une protection de leurs biens. L’antisémitisme dans le monde chrétien est le fait d’une Eglise qui reste ostracisée des centres de décision politiques. Durant cette période, les Juifs ne sont en général inquiétés ni dans leurs croyances, ni dans leurs activités. Dans la plupart des pays d’Europe occidentale, les seules restrictions que l’Eglise parvient en général à imposer sont celles qui concernent la possession d’un esclave chrétien par un Juif et la participation à certains cercles professionnels (corporations) dont l’accès nécessite un serment chrétien. Pour autant, les Juifs doivent payer un impôt de résidence et se cantonner dans des endroits extérieurs à la ville. On vient les racketter pour payer les rançons de seigneurs enlevés lors de raids arabesques.

    Si l’effacement de l’Eglise de la sphère politique explique la relative tranquillité des Juifs au cours du Haut Moyen Age dans les pays de la Chrétienté, son influence dans certains pays et à certaines périodes explique la férocité de l’antisémitisme que l’on y retrouve. Les deux exemples du Haut Moyen Age sont l’Empire byzantin et l’Espagne wisigothe.
    L’Empire byzantin possède en son sein des communautés juives importantes. Qui plus est, il règne sur la Terre Sainte, berceau du Christianisme. Il se sent donc investi d’une mission particulière vis-à-vis de l’ensemble de la Chrétienté. Le clergé y est puissant, les côtes d’Asie mineure sont emplies de prédicateurs chrétiens qui font une large place à une propagande anti-juive.

    Le deuxième cas classique d’antisémitisme féroce au Haut Moyen Age est celui de l’Espagne wisigothique.
    Population pratiquant au départ un culte arianiste , les Wisigoths, une fois Chrétiens, doivent donner des gages de leurs errements passés en accordant une foi aveugle dans l’Eglise. S’en suit alors une période d’atroces souffrances pour les Juifs espagnols : aux législations s’enchaînent les condamnations, aux condamnations les restrictions, aux restrictions les conversions forcées, aux conversions forcées les expulsions.

    Le Bas Moyen Age voit le renforcement du rôle de l'Eglise. Les croisades se transformeront en implacables instruments pour affermir le pouvoir de l’Eglise.
    En fait, l’antisémitisme du Bas Moyen Age est proportionnellement féroce à l’influence de l’Eglise sur la politique et la société. Simplement, si l’idéologie de l’Eglise inspire la haine des Juifs qui a cours dans les sphères politiques et sociales, elle n’explique pas les mobiles des persécutions. Elle ne fait qu’expliquer ce qui est légitime d’entreprendre contre les Juifs sans éclairer pourquoi, au cas par cas, de telles mesures sont entreprises...
    Pour le pouvoir, les mobiles de persécution sont principalement politiques ou fiscaux : on taxe les Juifs parce qu’on a besoin d’argent, on les expulse soit pour satisfaire l’Eglise, soit pour satisfaire le peuple derrière qui se trouve l’Eglise, soit pour faire main basse sur les biens des Juifs et très souvent pour leur permettre de revenir quelques années plus tard en échange d’une nouvelle taxe.
    Pour la société, les Juifs sont l’exutoire par excellence de tous les troubles sociaux. La peste noire, les accusations de profanation d’hostie et de meurtre rituel illustreront largement le procédé de diabolisation des Juifs. L’Eglise, pour qui les débordements populaires antisémites servent en partie l’idéologie, tempère parfois. La haine des Juifs sert en effet parfois des ecclésiastiques locaux au détriment de la papauté centralisatrice.

    Mais les jeunes de cette époque sont instruits, quand ils le sont par des ecclésiastiques ou des affidés et l'explication, ou plutôt la justification qui sera donnée de cette haine, sera le crime de déicide.

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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Invité le Mer 25 Déc 2013 - 19:28

    Flavius a écrit:
    Bonsoir maadim et bonnes fêtes à vous et à vos proches...Sans oublier le greffier,

    Je reviendrai sur un point car pour ce qui est du reste, j'ai viens de répondre à Déborah, qui a abordé ce sujet, et c'est dommage, en ouvrant un autre topic. J'aurai préféré que l'on ne se disperse pas pour éviter les redondances. Je demanderai à Azhalée, qu'elle rapatrie son topic dans celui-ci qui me paraît plus approprié.

    Ceci étant dit, pour ma part, je situe le début de l'antisémitisme, au moins à Paul, l'inventeur du christianisme qui, n'ayant pas connu Jésus, a complètement détourné le message christique. Là c'est clair et indiscutable. C'est à partir de là que l'on parle de décide. Jésus est élevé à la divination par sa soi-disant résurrection que l'on ne retrouve pas dans tous les Évangiles, comme d'ailleurs la conception miraculeuse...Mais c'est une autre histoire.

    Maintenant, tout dépend de quel Moyen- âge on parle. Le Haut Moyen Age qui va jusqu'aux croisades, ou du Bas Moyen Age que l'on date à partir des croisades (1096) ? L’antisémitisme est différent, selon les périodes.
    Nous dirons que sous le Haut Moyen Age, les Juifs jouissent en général d’une grande liberté et d’une protection de leurs biens. L’antisémitisme dans le monde chrétien est le fait d’une Eglise qui reste ostracisée des centres de décision politiques. Durant cette période, les Juifs ne sont en général inquiétés ni dans leurs croyances, ni dans leurs activités. Dans la plupart des pays d’Europe occidentale, les seules restrictions que l’Eglise parvient en général à imposer sont celles qui concernent la possession d’un esclave chrétien par un Juif et la participation à certains cercles professionnels (corporations) dont l’accès nécessite un serment chrétien. Pour autant, les Juifs doivent payer un impôt de résidence et se cantonner dans des endroits extérieurs à la ville. On vient les racketter pour payer les rançons de seigneurs enlevés lors de raids arabesques.

    Si l’effacement de l’Eglise de la sphère politique explique la relative tranquillité des Juifs au cours du Haut Moyen Age dans les pays de la Chrétienté, son influence dans certains pays et à certaines périodes explique la férocité de l’antisémitisme que l’on y retrouve. Les deux exemples du Haut Moyen Age sont l’Empire byzantin et l’Espagne wisigothe.
    L’Empire byzantin possède en son sein des communautés juives importantes. Qui plus est, il règne sur la Terre Sainte, berceau du Christianisme. Il se sent donc investi d’une mission particulière vis-à-vis de l’ensemble de la Chrétienté. Le clergé y est puissant, les côtes d’Asie mineure sont emplies de prédicateurs chrétiens qui font une large place à une propagande anti-juive.

    Le deuxième cas classique d’antisémitisme féroce au Haut Moyen Age est celui de l’Espagne wisigothique.
    Population pratiquant au départ un culte arianiste , les Wisigoths, une fois Chrétiens, doivent donner des gages de leurs errements passés en accordant une foi aveugle dans l’Eglise. S’en suit alors une période d’atroces souffrances pour les Juifs espagnols : aux législations s’enchaînent les condamnations, aux condamnations les restrictions, aux restrictions les conversions forcées, aux conversions forcées les expulsions.

    Le Bas Moyen Age voit le renforcement du rôle de l'Eglise. Les croisades se transformeront en implacables instruments pour affermir le pouvoir de l’Eglise.
    En fait, l’antisémitisme du Bas Moyen Age est proportionnellement féroce à l’influence de l’Eglise sur la politique et la société. Simplement, si l’idéologie de l’Eglise inspire la haine des Juifs qui a cours dans les sphères politiques et sociales, elle n’explique pas les mobiles des persécutions. Elle ne fait qu’expliquer ce qui est légitime d’entreprendre contre les Juifs sans éclairer pourquoi, au cas par cas, de telles mesures sont entreprises...
    Pour le pouvoir, les mobiles de persécution sont principalement politiques ou fiscaux : on taxe les Juifs parce qu’on a besoin d’argent, on les expulse soit pour satisfaire l’Eglise, soit pour satisfaire le peuple derrière qui se trouve l’Eglise, soit pour faire main basse sur les biens des Juifs et très souvent pour leur permettre de revenir quelques années plus tard en échange d’une nouvelle taxe.
    Pour la société, les Juifs sont l’exutoire par excellence de tous les troubles sociaux. La peste noire, les accusations de profanation d’hostie et de meurtre rituel illustreront largement le procédé de diabolisation des Juifs. L’Eglise, pour qui les débordements populaires antisémites servent en partie l’idéologie, tempère parfois. La haine des Juifs sert en effet parfois des ecclésiastiques locaux au détriment de la papauté centralisatrice.

    Mais les jeunes de cette époque sont instruits, quand ils le sont par des ecclésiastiques ou des affidés et l'explication, ou plutôt la justification qui sera donnée de cette haine, sera le crime de déicide.
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    Flavius



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 19:46

    Bonsoir maadim et bonnes fêtes à vous et à vos proches...Sans oublier le greffier,

    Je reviendrai sur un point car pour ce qui est du reste, j'ai viens de répondre à Déborah, qui a abordé ce sujet, et c'est dommage, en ouvrant un autre topic. J'aurai préféré que l'on ne se disperse pas pour éviter les redondances. Je demanderai à Azhalée, qu'elle rapatrie son topic dans celui-ci qui me paraît plus approprié.

    Ceci étant dit, pour ma part, je situe le début de l'antisémitisme, au moins à Paul, l'inventeur du christianisme qui, n'ayant pas connu Jésus, a complètement détourné le message christique. Là c'est clair et indiscutable. C'est à partir de là que l'on parle de décide. Jésus est élevé à la divination par sa soi-disant résurrection que l'on ne retrouve pas dans tous les Évangiles, comme d'ailleurs la conception miraculeuse...Mais c'est une autre histoire.

    Maintenant, tout dépend de quel Moyen- âge on parle. Le Haut Moyen Age qui va jusqu'aux croisades, ou du Bas Moyen Age que l'on date à partir des croisades (1096) ? L’antisémitisme est différent, selon les périodes.
    Nous dirons que sous le Haut Moyen Age, les Juifs jouissent en général d’une grande liberté et d’une protection de leurs biens. L’antisémitisme dans le monde chrétien est le fait d’une Eglise qui reste ostracisée des centres de décision politiques. Durant cette période, les Juifs ne sont en général inquiétés ni dans leurs croyances, ni dans leurs activités. Dans la plupart des pays d’Europe occidentale, les seules restrictions que l’Eglise parvient en général à imposer sont celles qui concernent la possession d’un esclave chrétien par un Juif et la participation à certains cercles professionnels (corporations) dont l’accès nécessite un serment chrétien. Pour autant, les Juifs doivent payer un impôt de résidence et se cantonner dans des endroits extérieurs à la ville. On vient les racketter pour payer les rançons de seigneurs enlevés lors de raids arabesques.

    Si l’effacement de l’Eglise de la sphère politique explique la relative tranquillité des Juifs au cours du Haut Moyen Age dans les pays de la Chrétienté, son influence dans certains pays et à certaines périodes explique la férocité de l’antisémitisme que l’on y retrouve. Les deux exemples du Haut Moyen Age sont l’Empire byzantin et l’Espagne wisigothe.
    L’Empire byzantin possède en son sein des communautés juives importantes. Qui plus est, il règne sur la Terre Sainte, berceau du Christianisme. Il se sent donc investi d’une mission particulière vis-à-vis de l’ensemble de la Chrétienté. Le clergé y est puissant, les côtes d’Asie mineure sont emplies de prédicateurs chrétiens qui font une large place à une propagande anti-juive.

    Le deuxième cas classique d’antisémitisme féroce au Haut Moyen Age est celui de l’Espagne wisigothique.
    Population pratiquant au départ un culte arianiste , les Wisigoths, une fois Chrétiens, doivent donner des gages de leurs errements passés en accordant une foi aveugle dans l’Eglise. S’en suit alors une période d’atroces souffrances pour les Juifs espagnols : aux législations s’enchaînent les condamnations, aux condamnations les restrictions, aux restrictions les conversions forcées, aux conversions forcées les expulsions.

    Le Bas Moyen Age voit le renforcement du rôle de l'Eglise. Les croisades se transformeront en implacables instruments pour affermir le pouvoir de l’Eglise.
    En fait, l’antisémitisme du Bas Moyen Age est proportionnellement féroce à l’influence de l’Eglise sur la politique et la société. Simplement, si l’idéologie de l’Eglise inspire la haine des Juifs qui a cours dans les sphères politiques et sociales, elle n’explique pas les mobiles des persécutions. Elle ne fait qu’expliquer ce qui est légitime d’entreprendre contre les Juifs sans éclairer pourquoi, au cas par cas, de telles mesures sont entreprises...
    Pour le pouvoir, les mobiles de persécution sont principalement politiques ou fiscaux : on taxe les Juifs parce qu’on a besoin d’argent, on les expulse soit pour satisfaire l’Eglise, soit pour satisfaire le peuple derrière qui se trouve l’Eglise, soit pour faire main basse sur les biens des Juifs et très souvent pour leur permettre de revenir quelques années plus tard en échange d’une nouvelle taxe.
    Pour la société, les Juifs sont l’exutoire par excellence de tous les troubles sociaux. La peste noire, les accusations de profanation d’hostie et de meurtre rituel illustreront largement le procédé de diabolisation des Juifs. L’Eglise, pour qui les débordements populaires antisémites servent en partie l’idéologie, tempère parfois. La haine des Juifs sert en effet parfois des ecclésiastiques locaux au détriment de la papauté centralisatrice.

    Mais les jeunes de cette époque sont instruits, quand ils le sont, par des ecclésiastiques ou des affidés et l'explication, ou plutôt la justification qui sera donnée de cette haine, sera le crime de déicide.
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 19:47

    maadim27 a écrit:
    Flavius a écrit:

    Bonsoir maadim et bonnes fêtes à vous et à vos proches...Sans oublier le greffier,

    Je reviendrai sur un point car pour ce qui est du reste, j'ai viens de répondre à Déborah, qui a abordé ce sujet, et c'est dommage, en ouvrant un autre topic. J'aurai préféré que l'on ne se disperse pas pour éviter les redondances. Je demanderai à Azhalée, qu'elle rapatrie son topic dans celui-ci qui me paraît plus approprié.

    Ceci étant dit, pour ma part, je situe le début de l'antisémitisme, au moins à Paul, l'inventeur du christianisme qui, n'ayant pas connu Jésus, a complètement détourné le message christique. Là c'est clair et indiscutable. C'est à partir de là que l'on parle de décide. Jésus est élevé à la divination par sa soi-disant résurrection que l'on ne retrouve pas dans tous les Évangiles, comme d'ailleurs la conception miraculeuse...Mais c'est une autre histoire.

    Maintenant, tout dépend de quel Moyen- âge on parle. Le Haut Moyen Age qui va jusqu'aux croisades, ou du Bas Moyen Age que l'on date à partir des croisades (1096) ? L’antisémitisme est différent, selon les périodes.
    Nous dirons que sous le Haut Moyen Age, les Juifs jouissent en général d’une grande liberté et d’une protection de leurs biens. L’antisémitisme dans le monde chrétien est le fait d’une Eglise qui reste ostracisée des centres de décision politiques. Durant cette période, les Juifs ne sont en général inquiétés ni dans leurs croyances, ni dans leurs activités. Dans la plupart des pays d’Europe occidentale, les seules restrictions que l’Eglise parvient en général à imposer sont celles qui concernent la possession d’un esclave chrétien par un Juif et la participation à certains cercles professionnels (corporations) dont l’accès nécessite un serment chrétien. Pour autant, les Juifs doivent payer un impôt de résidence et se cantonner dans des endroits extérieurs à la ville. On vient les racketter pour payer les rançons de seigneurs enlevés lors de raids arabesques.

    Si l’effacement de l’Eglise de la sphère politique explique la relative tranquillité des Juifs au cours du Haut Moyen Age dans les pays de la Chrétienté, son influence dans certains pays et à certaines périodes explique la férocité de l’antisémitisme que l’on y retrouve. Les deux exemples du Haut Moyen Age sont l’Empire byzantin et l’Espagne wisigothe.
    L’Empire byzantin possède en son sein des communautés juives importantes. Qui plus est, il règne sur la Terre Sainte, berceau du Christianisme. Il se sent donc investi d’une mission particulière vis-à-vis de l’ensemble de la Chrétienté. Le clergé y est puissant, les côtes d’Asie mineure sont emplies de prédicateurs chrétiens qui font une large place à une propagande anti-juive.

    Le deuxième cas classique d’antisémitisme féroce au Haut Moyen Age est celui de l’Espagne wisigothique.
    Population pratiquant au départ un culte arianiste , les Wisigoths, une fois Chrétiens, doivent donner des gages de leurs errements passés en accordant une foi aveugle dans l’Eglise. S’en suit alors une période d’atroces souffrances pour les Juifs espagnols : aux législations s’enchaînent les condamnations, aux condamnations les restrictions, aux restrictions les conversions forcées, aux conversions forcées les expulsions.

    Le Bas Moyen Age voit le renforcement du rôle de l'Eglise. Les croisades se transformeront en implacables instruments pour affermir le pouvoir de l’Eglise.
    En fait, l’antisémitisme du Bas Moyen Age est proportionnellement féroce à l’influence de l’Eglise sur la politique et la société. Simplement, si l’idéologie de l’Eglise inspire la haine des Juifs qui a cours dans les sphères politiques et sociales, elle n’explique pas les mobiles des persécutions. Elle ne fait qu’expliquer ce qui est légitime d’entreprendre contre les Juifs sans éclairer pourquoi, au cas par cas, de telles mesures sont entreprises...
    Pour le pouvoir, les mobiles de persécution sont principalement politiques ou fiscaux : on taxe les Juifs parce qu’on a besoin d’argent, on les expulse soit pour satisfaire l’Eglise, soit pour satisfaire le peuple derrière qui se trouve l’Eglise, soit pour faire main basse sur les biens des Juifs et très souvent pour leur permettre de revenir quelques années plus tard en échange d’une nouvelle taxe.
    Pour la société, les Juifs sont l’exutoire par excellence de tous les troubles sociaux. La peste noire, les accusations de profanation d’hostie et de meurtre rituel illustreront largement le procédé de diabolisation des Juifs. L’Eglise, pour qui les débordements populaires antisémites servent en partie l’idéologie, tempère parfois. La haine des Juifs sert en effet parfois des ecclésiastiques locaux au détriment de la papauté centralisatrice.

    Mais les jeunes de cette époque sont instruits, quand ils le sont, par des ecclésiastiques ou des affidés et l'explication, ou plutôt la justification qui sera donnée de cette haine, sera le crime de déicide.
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mer 25 Déc 2013 - 20:51

    maadim27 a écrit:
    Bonsoir Flavius, heureux de vous lire !

    Quant au greffier ..; le maitre des lieux jouit de prérogatives. 

    Comme indiqué à Debbie, je me tiens sur une position clinique : en sorte que je ne peux recevoir le mot 'antisémitisme' quand il s'agissait d'anti-judaïsme - Les historiens font la distinction avec raison - 
    Paul, converti, est anti-judaïque car comme tout nouveau, il en fait trop. 
    Ce sont pourtant ses écrits qui ont fait foi, si je puis dire. Et que dans son repentir,- allez, accordons-lui la sincérité, dans le doute - il est excessif d'où le mot déicide. 
    Mais Paul fait bien pis que ses successeurs qui avaient le temps de réfléchir ...hélas, à partir de Paul.

    Je présente mes excuses pour n'avoir pas indiqué la date : aux alentours de l' an 1100 - les Juifs dans le nord de la France se sont mis à l'unisson des populations locales. 

    Quant aux Croisades, le clergé a pris les choses en mains car il était la seule force présente sur tout le territoire, façon de parler : mais il savait très bien quel était l'enjeu => ne plus payer le droit à la sécurité pour les caravaniers - le "tariff" ruinait les marchands. 
    A cela, il faut ajouter un 'marché' entre féodaux lubriques et clergé omnipuissant - un certain Thibault ????? a gagné son salut, c'est à dire le privilège de ne pas aller croupir en prison en acceptant de partir pour la Terre Sainte - il y a rencontré l' âme soeur, ce qui semble avoir calmé ses ardeurs. 
    L' Empire byzantin, quant à lui,  vivait à crédit et il est connu que les débordements de son clergé ont donné naissance à l' Islam -ce qui ne contredit pas votre propos !!! Le besoin de luxe entraine des exactions, surtout parmi les plus faibles. Mais la monarchie absolue a continué à exiger son dû malgré les disettes qui frappaient les paysans. 

    De même en Espagne, envahie depuis longtemps par les goths de l'ouest, elle somnolait dans un christianisme apathique. Son espace appartenant aux musulmans, c'est une volonté de monarchie absolutiste qui a entrainé les représailles juste avant la période de la Renaissance. L'intrication de deux sociétés hétérogènes leur a valu exil ou buchers : le clergé se tenait derrière le trône.
    Mais je le répète, à cette époque, il s'agit d' anti-judaïsme et non pas d' antisémitisme ---
    La preuve nous vient de l'essor de la linguistique au XIX° à qui le terme a été emprunté. Les études sémitiques étaient plus développées que les autres - c'est une sorte de hasard qui a mis le sanscrit en lumière. 
    Donc voilà pour le mot qui me chiffonne --- car il est inexact. 

    Parce qu'un clergé chrétien , catholique ou d'inspiration arianiste, ne peut que s' opposer au judaïsme !!! 
    C'est foi contre foi - 
    Le Bas Moyen Age ou Moyen Age tardif a compris l'expérience des siècles : pour exister, il doit avoir du pouvoir -- 
    et assembler le populaire sur des thèmes fédérateurs car simplistes. Le cas fourni par Guillaume de Machaut est exemplaire - il se fait l'écho des hautes sphères et de la rumeur populaire. Lui-même n'ayant pas d'appui. Un parasite, un paria ne peut que vouloir être intégré dans la société à laquelle il appartient mais qui le rejette. 
    Mais oui, le clergé a pris l' habitude d' accuser une communauté de se livrer au pire afin d'harmoniser sa base. 

    Et puis, on voit des phénomènes "d'accordéon" : tantôt les communautés juives vivent à l'intérieur des murs, tantôt elles en sont expulsées - 
    Tout cela relève de politiques locales - puisque il n'existe pas d'Etat tel que nous le connaissons - mais il existe un clergé unifié, à peu de chose près. 

    Le racket vient de la spécificité : la population lambda pouvait se louer afin d'accomplir des "travaux d'intérêt général " mais la communauté juive ne pouvant renoncer au shabbat, s'est vue contrainte de payer - 
    Je crois que les taxes ne datent pas d'aujourd'hui - et que tout homme devait payer l' octroi. 

    Le clergé a des torts considérables dans cette vision du monde ;
    il a toutefois un mérite d'importance, c'est grâce aux copistes que les textes anciens nous sont parvenus, parfois très bien conservés. Ainsi, deux traditions peuvent se comparer en toute tranquillité, à présent, pourvu qu'elles ne soient pas polluées par des gens mal honnêtes.
    Je suis bien sûr d'accord avec beaucoup de vos propos.
    S'agissant du clergé, bien sûr qu'il y aussi de bonnes choses dans l'institution. Grâce à elle on connaît beaucoup de choses y compris de l'Antiquité. Les copistes ont pu transmettre ainsi bien des textes anciens.

    Anti-judaïsme et antisémitisme ?

    Oui la distinction ne tient à mon avis qu'à l'époque de Paul et encore... En fait Paul veut faire du chiffre. Il recrute, notamment chez les païens (épître aux Galates). Et comme on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, il va retirer son âme au judaïsme et créer une religion qui n'a rien à voir avec l'ancienne. Ce n'est pas un hasard. Il y a là un opportunisme et une volonté révélée.


    Mais pour moi et tant pis si les historiens ont une autre vision de la chose, l'anti sémitisme n'est en fait que la traduction plébéienne de l'anti-judaïsme.
    Aujourd'hui, l'anti judaïsme ne veut rien dire sinon peut être pour les musulmans radicaux...et encore. Je n'y crois pas trop. On est athée parce que l'on ne croit pas, on est contre les religions. Spécialement contre le judaïsme, je ne connais personne atteint de cette maladie. A moins qu'à l'instar de l'antisionisme, l'anti-judaïsme est un moyen de s'affirmer comme antisémite. Là je pourrais vous suivre. Mais l'anti-judaïsme pour  l'anti-judaïsme, je ne comprends pas l'intérêt d'une telle position. En tout cas elle m'échappe. On peut ne pas aimer une religion. Mais être anti cette dernière, ne veut pas dire grand chose à mon sens.
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Sam 28 Déc 2013 - 19:42

    maadim27 a écrit:


    Votre confusion s'explique au vu de l'histoire et plus particulièrement l'histoire des religions -
    Paul est contre son ancienne religion - pour le reste, il est citoyen romain et il s'en souviendra au moment opportun.
    Par ailleurs, il a bénéficié d'une révélation pour lui tout seul. Ainsi il peut briller à Antioche et tenir la dragée haute aux vieux disciples qui ne s'accordent pas entre eux. 

    Il y a longtemps de ça, la religion était au coeur du quotidien -
    Les rites étaient fédérateurs - les cérémonies, d'intérêt général, etc.... Le fait religieux occupait la première place - on se définissait par rapport à ses croyances religieuses.
    Ainsi les Indiens du Brésil sont dits payens car non-chrétiens comme les sectateurs de Cybèle au VI ° s. au Moyen Orient. 
    L'antisémitisme vise l'individu depuis sa naissance, à travers sa vie quotidien, fût-il laïc, et sa relation à la tradition judaïque - sinon, cela n'aurait aucun sens.
    Il se trouve qu' au XIX°s. la religion avait le pouvoir de déterminer en fonction des croyances. Le pouvoir politique s'étant délité au vu et au su de tous ! 
    On passe de l'anti-judaïsme, qui incorpore le terme déicide, à l'antisémitisme parce que la société découvre la banque, le prêt et le crédit : ce n'est pas seulement un hasard si Balzac, un endetté chronique, rend compte de cette profession qu'il découvre, banquier, et qu'il en fait la critique à travers le système Nucingen. C'est le Juif laïc, celui qui est comme séparé de D.ieu , qui fait l'objet de l'antisémitisme - Où est la bonté lorsqu'on n'a pas le coeur de prêter davantage ? D'où l'exécration de l'argent détenu par Nucingen -- Raccourcis : exécration de Nucingen. 
    Ce que les rois ne pouvaient plus se permettre car "Noblesse oblige" --- le commun des mortels voit l'autre comme son ennemi, son obstacle au bonheur --- à l'occasion, il songe au peuple déicide. Mais ce n'est qu'après réflexion. 
    D'où la distinction dont je me fais l'écho et qui signifie beaucoup en terme d'évolution d'une société.
    Ce n'est plus un clergé tout puissant qui tonne depuis la chaire mais le législateur qui dit le droit, régit les moeurs et la morale publique -- le clergé agit en sous-marin . Il est devenu invisible.
    Sauf dans les villages - bien sûr. Le pouvoir est bicéphale : le maire v le curé. 
    Suivez-vous mon raisonnement ? Ou bien je vais trop vite, laissant des zones dans l'ombre ( de la Croix, je ne peux pas y résister ) ?

    Là où vous voyez un distinguo, j'y vois une évolution qui n'aurait pas été si l'Eglise n'avait pas fait de l'anti judaïsme. Pour moi, comme je l'ai indiqué, l'antisémitisme est la traduction plus contemporaine, plus laïque, d'un anti judaïsme dans lequel il a son origine.
    Mais il est bien évident que l'antisémitisme, même des nazis, n'a qu'un lointain lien avec l'anti-judaïs, qui réapparaîtra de temps à autre comme une justification, un prétexte pour s'arranger avec sa conscience, diviniser la mauvais action.

    Je vais vous raconter une anecdote évoquée par le rabbin José Eisenberg. Alors qu'il courait la campagne avec ses parents pour échapper aux Allemands. Il frappe à la porte d'une ferme. La fermière lui ouvre la porte d'un air méfiant :

    - Oui, que voulez-vous.
    - Ben nous voulons échapper aux Allemands parce que nous sommes juifs. Pourrions-nous nous abriter dans votre grange ?
    - Ah, vous êtes juifs ? Mais vous n'avez pas de longue queue comme le diable. Pourtant, M. le curé nous l'a bien affirmé. Mon mari, lui s'en fiche. Il ne va pas à l'Eglise.
    - Ben non nous n'avons pas de queue et je peux vous assurer que nous n'en n'avons jamais eue. (au 20ème siècle quand même)

    Ces braves paysans cachèrent José Eisenberg et sa famille pratiquement tout au long de la guerre en conservant ce secret, ce qui n'était pas facile et plutôt risqué dans un village en période d'occupation.
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Dim 29 Déc 2013 - 17:03

    maadim27 a écrit:


    Pour vous c'est une évolution - je ne vais pas me plaindre. Cela va dans le sens de l'histoire des historiens -

    Ce qui ne me surprend pas , ou si peu, c'est la mauvaise réputation due aux ecclésiastiques : ils défendent leur pré carré - et tous les moyens sont bons. 
    Mention spéciale pour les imams, tantôt ce sont les Juifs qui sont à éviter, tantôt ce sont les chrétiens. C'est variable  mais ça revient au même. 
    Souvenez-vous qu'il n'y a pas si longtemps, j'ai du expliquer que Rome a protégé les Juifs qui vivaient dans son empire - 
    Quant aux nazis, il n' y a pas grande cohérence - ils sont restés discrets vis à vis de l' Eglise tout en ayant une foi irrationnelle ( mais une foi ...) en l'ancienne chevalerie germanique. Tout ça se trouvait diffusé par leur canard le Volk...Beo...quelque chose. Un torchon de désinformation. Mais leur propagande trouvait preneur puisqu'après le diktat de Versailles, il y a eu une crise économique sans précédent. 
    Trouver des coupables et trouver des excuses leur était facile quand la population survivait. 
    Ce qui importe c'est que cette brave femme ait ouvert sa porte, sans poser davantage de question ni demander un temps de réflexion. 
    Les errements des uns sont comme rattrapés par les gestes des autres. 
    La porte qui donne sur l'espoir reste entre-baillée.


    Puisque nous sommes sur le thème de l'antisémitisme, le MRAP a fini par suivre le CRIF en attaquant en justice Dieudonné. Quant à Manuel Valls semble vouloir s'occuper sérieusement de sa paillasse. Silence de la ministre de la justice Mm. Taubira. Et pourtant !


    Ce qui me fait sourire, ce sont les partisans de Dieudonné sur le forum ONNPC, dont la plupart se disent de gauche, et qui voient leur idole mis au pilori de la déchéance par un Ministre de Gauche. Décidément, la vie réserve bien des surprises...et des paradoxes surprenants.
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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Dim 29 Déc 2013 - 18:22

    maadim27 a écrit:


    Ah ! Taubira !!! Ah
    Elle ménage la chèvre et le chou ; plus tard lorsqu'on l' interrogera sur son silence, elle dira qu'elle n'avait pas à faire le travail du ministre de l'Intérieur, lequel a fait...gnagnagna..bzzz... et a agi....bbzzz, bzzz gna gna... et qu'elle se félicite de l'issue que cette affaire a trouvée. 

    Le tout en regardant le micro avec des yeux en billes de loto, la tête légèrement en recul, comme si un vers solitaire allait surgir de la bonnette, et avec sa voix*.... descendant des sinus au fosses nasales, rebondissant au fond du voile sur la glotte avant de nous grimper sur les nerfs. 

    Taubira ne peut pas écharper dieudonné en place publique - - le jour où elle quitte le gouvt elle aura besoin de soutiens pour passer au laminoir le gouvt Ayrault approuvé par Hollande. Et elle en aura des choses à dire !!!!
    par livre bien sûr - Si elle s'en prend à dieudonné, elle se met son électorat guyanais à dos. Donc en bonne politicienne, elle attend que Valls fasse le boulot. 
    J'aimerais assister à une confrontation  Taubira / MarineLP.  Ce n'est pas charitable ni très catholique tout ça mais
    un peu de mouvement, ça nous ferait du bien pendant l'hiver. 


    * tout est dans le masque. Là je suis sérieux... Yoda  :boude:


    Ben il est vrai aussi que Dieuvolé ne s'en prend ni au noirs ni aux arabes. Ça aide aussi pour ses spectacles antisémites. Quant à Agnès Soral, elle doit être fière de son frère !

    "Très remonté après que l’humoriste Stéphane Guillon l’a qualifié de « dangereux » sur le plateau du Grand Journal, le mois dernier, Alain Soral a répondu dans une vidéo d’une violence inouïe…

    On dira ce qu’on voudra, mais Alain Soral, n’est pas très gentleman quand il évoque ses ex. En particulier quand celles-ci sont mariées à ses « ennemis ». En témoigne cette vidéo où Alain Soral a réagi avec virulence aux propos de Stéphane Guillon. L’humoriste s’était alarmé sur le plateau du Grand Journal en parlant du Front National : « C’est Marine Le Pen qu’il faut attaquer et ses lieutenants. Il y a des gens très dangereux au Front National comme Alain Soral, comme d’autres. Et ce sont ces gens-là qu’il faut effectivement attaquer », avait déclaré Stéphane Guillon.

    Une réflexion qui n’est apparement pas tombée dans l’oreille d’un sourd, mais d’un revanchard ou d’un amant éconduit. Alain Soral affirme dans sa vidéo qu’il « prend comme un compliment d’être qualifié de dangereux. » Avant de pointer du doigt une explication plus personnelle quant à ce qu’il qualifie comme une injustice : « Je me demande aussi s’il n’y a pas une vraie jalousie puisque Guillon, je dois le reconnaître aujourd’hui parce qu’il a parlé de moi, j’ai baisé sa femme. » Aïe…Puis de poursuivre : « Alors peut-être qu’il m’en veut parce que j’ai baisé sa femme. Mais je trouve injuste qu’il m’en veuille à moi et pas à d’autres, parce qu’à l’époque on est à peu près tous passés dessus. » Classe.

    Et de conclure : « Voilà donc maintenant tout le monde saura que Monsieur Stephane Guillon qui a dit que j’étais dangereux au Grand Journal de Canal Plus, je lui réponds que effectivement je suis dangereux mais en plus j’ai baisé ta femme et c’est pas demain que tu baiseras la mienne. » Gentleman jusqu’au bout, Alain Soral conclut l’entretien avec un doigt d’honneur en direction de la caméra. Comme s’il n’avait pas été assez ridicule."

    C'est marrant, Soral me fait apprécier Guillon que je déteste. Manque plus Alévêque, que je hais cruellement, dans ce duo et qui a été condamné pour avoir qualifié Zinédine Zidane de "panneau publicitaire à trois neurones".
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    Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Jeu 23 Jan 2014 - 18:40

    Je pense qu'aujourd'hui, notre société ne peut plus faire l'économie d'un débat sur l'antisémitisme.
    On l'a vu ces derniers temps avec l'affaire Dieudonné et l'ouverture à tous vents des réseaux sociaux où la parole peut se libérer, pour le bien mais aussi pour le pire.
    Tant d'amalgames ont été produits durant cette affaire, volontairement ou pas, qu'il me semblait utile, sinon de débattre en permanence sur le sujet, mais pour que nous ayons un regard critique sur les événements quotidiens qui prolifèrent et qui viennent assombrir notre société dont le moral est déjà au plus bas, les lister pour que notre devoir de vigilance soit en éveil. Plus question de dire ensuite que cela répond à je ne sais quel désir victimaire ou pire que ça n'existe pas ; que c'est une caricature, une exagération de telle ou telle communauté, voulant se faire plaindre.

    Mais le racisme anti blanc existe-t-il, ou doit on s'en gausser on on a pu le faire avec les petits pains de J.F. Copé ? Et bien moi je dis que cela existe et j'en ai fait personnellement l'expérience. Mais regardons ce que disent les juges sur le sujet :

    La cour d’appel de Paris a rendu mardi 21 janvier sa décision dans l’affaire de l’agression du RER D dite du « racisme anti-blancs », survenue en 2010.

    Alourdissant d’une année la peine de 3 ans de prison prononcée en première instance contre Arnaud Djender, reconnu coupable de violences volontaires, la cour d’Appel a en outre retenu la circonstance aggravante de racisme (anti-blancs) qui avait été écartée par le tribunal correctionnel en juin 2013.

    La Cour a suivi les réquisitions de l’Avocat Général et admis la recevabilité de la circonstance aggravante de racisme soulevée par la LICRA, partie civile à l’audience.

    Les faits remontent à septembre 2010. À 6 heures du matin, Terrence Cheval, la victime âgée d’une vingtaine d’années, descend dans le métro à la station Strasbourg Saint Denis et se retrouve impliquée dans une bagarre qui dégénère. Il est alors battu par deux individus. Au cours de la rixe, des agents de la RATP témoins des faits affirment avoir entendu le comparse de l’accusé (que l’on n’a jamais retrouvé) traiter la victime de « sale blanc, sale français » et « Gawerer » (qui signifie sale français en arabe, ndlr). Arnaud Djender a toujours admis avoir battu et défiguré Terrence Cheval. Il ni en revanche avoir insulté la victime, ce que les bandes vidéo n’ont pas permis de confirmer ou d’infirmer.

    La question à laquelle devait répondre la Cour était de savoir si une insulte du type "sale blanc, sale français" pouvait constituer une circonstance aggravante de racisme ; en d’autres termes, si le racisme pouvait concerner les blancs. Le tribunal correctionnel avait rejeté cette demande des parties civiles

    Mais la cour d’appel, contre toute attente, s’est ralliée aux demandes du Ministère Public, et a reconnu la notion de racisme anti-blancs. L’avocat de la LICRA, Me Mario-Pierre Stasi, voit "une vérité judiciaire" dans la reconnaissance de "ce racisme au même titre que d’autres racismes, indépendamment de sa couleur de peau."

    "Indépendamment de la couleur de peau de qui ?", devrait-on alors demander au président de la commission juridique de la LICRA. Car si la notion même de racisme anti-blancs ne va pas de soi, il se trouve qu’en l’espèce Arnaud Djender est lui même blanc. C’est précisément ce qu’a souligné dés le début des débats son avocat, Me Grégoire Etrillard, pour écarter d’emblée toute accusation de racisme envers son client. Comment peut-on être raciste envers un blanc quand on l’est soi même ? Impensable selon son conseil.

    La LICRA, refusant "d’ethniciser" le débat et de remettre en cause cette blancheur de peau revendiquée, s’est attachée à démontrer simplement que l’accusé a participé à l’agression "en ayant pleinement conscience de la motivation raciste du coauteur", qui lui est métis. Car si Arnaud Djender s’avère blanc de peau, il est en fait d’origine kabyle et s’est décrit comme de "type arabe" lors des premiers interrogatoires devant le juge d’instruction, avant de se rétracter à l’audience.

    Pour Grégoire Etrillard, il s’agit "d’une erreur de fait, car on aggrave la peine de (son) client pour des paroles qu’il n’a pas prononcées, doublée d’une erreur de droit, car on crée une complicité de circonstance aggravante de racisme". "Ce procès a été monté en épingle, la Justice doit revenir à sa juste proportion et juger Arnaud Djender pour ce qu’il a fait, pas pour nourrir un débat de société", explique-t-il.

    L’avocat envisage de se pourvoir en cassation. À suivre…
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    Flavius



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    France télévision relaie le discours antisémite

    Message par Flavius le Dim 26 Jan 2014 - 20:22

    Dieudonné ayant quelques soucis financiers et en délicatesse avec la justice, a fini par mettre une sourdine à ses ambitions de leader des antisémites en tout genre.

    Pour autant, la relève est déjà sur les rails. Elle est déjà starisée sur les écrans, prête à distiller sa haine, en connaissant maintenant les limites à ne pas dépasser pour ne pas risquer l’exclusion médiatique.

    Cette relève reprend la même doxa haineuse qui passe de l’antisionisme à l'antisémitisme. Les tartufes ont retenu la leçon et nul doute que de médiocres personnages, que nous ne connaissons pas encore, prendront le relais pour propager la haine du Juif et d’Israël de façon … plus sournoise jusqu'à la rendre plus acceptable.

    France Télévision n'a pas attendu Dieudonné pour véhiculer la parole antisémite au travers de commentaires produits par des pseudos intellectuels et autres spécialistes du Proche-Orient.

    Il y a bien évidemment le fameux faux reportage al Dura de son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin qui a coûté la vie à tant de gens dans le monde entier - Juifs ou non.

    Rappelons qu’à ce jour, France Télévision continue à protéger cette propagande antisémite avec de l’argent public, l’argent du contribuable et de la redevance.

    - Il y a aussi les documentaires bidonnés de Thierry Thuillier qui ont participé au mouvement de détestation des Juifs et de l’Etat d’Israël ces quinze dernières années.

    - Thierry Thuillier est devenu entre temps patron de France 2 et est toujours directeur de "l’information".

    - Par exemple, ce samedi 11 janvier 2014, dans les premières secondes du 20h, on a pu entendre le farfadet et ignorant Laurent Delahousse ouvrir son journal par : « Ariel Sharon, une personnalité connue pour les massacres de Sabra et Chatilla en 1982… » Or à part ce journaleux, tout le monde sait que ces massacres ont été effectués par des milices chrétiennes en riposte à l’assassinat de leur président, Bechir Gemayel.

    - Il y a aussi et surtout le matraquage permanent de la propagande anti-israélienne aux différents JT et dans les émissions de « débat » sur France Télévisions. Débat entre guillemets car ce n’en sont pas.

    Ce sont des émissions où des antisémites patentés débattent avec des gens qui ne sont qu’ "antisionistes", comme si cette distinction avait un sens.

    - Des gens comme Pascal Boniface, en son temps idéologue du PS qui s'est d'ailleurs fait jeter et qui recommandait de placer l’Etat d’Israël dans "l’axe du mal" suggérant à son parti de prendre à cœur la cause des "palestiniens" car il y a plus de musulmans en France que de Juifs…(sic)

    - Des gens comme Dieudonné qui passaient des plateaux d’Ardisson à ceux de Frédéric Taddéï. On en a vu tellement aller d’un plateau à l’autre. Des Stéphane Hessel, des Tariq Ramadan, des Alain Soral, des Marc-Edouard Nabe…

    - Marc-Edouard Nabe… dont on peut citer sa mémorable démonstration : - La Licra, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune."

    C’est aussi lui qui, sur France Télévisions, chez Frédéric Taddeï, défendait la légitimité des actions terroristes de Ben Laden. Selon lui, le terroriste Saoudien "veut simplement punir les méchants qui se permettent de massacrer les terres des musulmans — qui sont ses frères — et qui se comportent comme des porcs sur toute la planète depuis des centaines d’années".

    Non contente d'être devenue la courroie de transmission des gauches avec notre redevance, Fr télévision relaie aussi un discours scabreux et particulièrement sournois.

    beced



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par beced le Mar 28 Jan 2014 - 8:43

    [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]

    ==
    Dans le cadre de la commémoration de l'Holocauste et l'attitudes de la police durant cette période, des cours seront donné à la police belge pour une meilleure appréciation de situations où les droits de l'Homme sont menacés.
    =
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    Flavius



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    Manifestation anti-juive à Paris

    Message par Flavius le Mar 28 Jan 2014 - 12:12

    Un Dimanche d’hiver sous la pluie battante, une coalition hétéroclite d’opposants à F.Hollande a défilé à Paris, sous l’appelation "Jour de Colère", qui a vu participer 17 000 personnes, selon la préfecture, 160 000, selon les organisateurs.

    Ce rassemblement hétéroclite d’intégristes catholiques, d’opposants au mariage homosexuel, de partisans de Dieudonné, d’identitaires, de patrons en colère, de familles, a défilé contre "l’action gouvernementale" et pour demander la destitution du président de la République, jugé "incapable" et "impopulaire".

    Là où le bat blesse, c’est que la manif fut également un prétexte à certains pour éructer leur haine anti-juive, avec des slogans qui rappellent allègrement la période maudite de l’occupation en France :

    "Juif,la france n’est pas à toi",çà ne vous rappelle rien ?

    Sans parler des "quenelleurs"....

    Mais aussi :

    "CRS, police des juifs"
    Sur le parcours, quelques manifestants étaient casqués, d’autres portaient des drapeaux tricolores, ou bretons, des bonnets rouges, des bérets roses. En bout de cortège, quelques centaines de sympathisants de Dieudonné, dont le portrait était flanqué sur un drapeau, criaient "Liberté d’expression", dans une allusion à l’interdiction faite à l’humoriste controversé de jouer son spectacle "Le Mur".

    A Lyon, une quarantaine de personnes se sont regroupées en début d’après-midi dans le centre de la ville pour un rassemblement "contre le sionisme et pour la liberté d’expression". Les manifestants ont entonné la chanson de "la quenelle" de Dieudonné, geste à l’appui, avant de se disperser dans le calme.

    Le satrianisme gagne du terrain !

    D’après l’AFP, Deux cent cinquante personnes ont été placées en garde à vue hier soir à l’issue des incidents lors de la manifestation anti-Hollande à Paris, a annoncé une source policière.

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    jacot3



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    Re: Manifestation anti-juive à Paris

    Message par jacot3 le Mar 28 Jan 2014 - 12:23

    Flavius a écrit:Un Dimanche d’hiver sous la pluie battante, une coalition hétéroclite d’opposants à F.Hollande a défilé à Paris, sous l’appelation "Jour de Colère", qui a vu participer 17 000 personnes, selon la préfecture, 160 000, selon les organisateurs.

    Ce rassemblement hétéroclite d’intégristes catholiques, d’opposants au mariage homosexuel, de partisans de Dieudonné, d’identitaires, de patrons en colère, de familles, a défilé contre "l’action gouvernementale" et pour demander la destitution du président de la République, jugé "incapable" et "impopulaire".

    Là où le bat blesse, c’est que la manif fut également un prétexte à certains pour éructer leur haine anti-juive, avec des slogans qui rappellent allègrement la période maudite de l’occupation en France :

    "Juif,la france n’est pas à toi",çà ne vous rappelle rien ?

    Sans parler des "quenelleurs"....

    Mais aussi :

    "CRS, police des juifs"
    Sur le parcours, quelques manifestants étaient casqués, d’autres portaient des drapeaux tricolores, ou bretons, des bonnets rouges, des bérets roses. En bout de cortège, quelques centaines de sympathisants de Dieudonné, dont le portrait était flanqué sur un drapeau, criaient "Liberté d’expression", dans une allusion à l’interdiction faite à l’humoriste controversé de jouer son spectacle "Le Mur".

    A Lyon, une quarantaine de personnes se sont regroupées en début d’après-midi dans le centre de la ville pour un rassemblement "contre le sionisme et pour la liberté d’expression". Les manifestants ont entonné la chanson de "la quenelle"  de Dieudonné, geste à l’appui, avant de se disperser dans le calme.

    Le satrianisme gagne du terrain !

    D’après l’AFP, Deux cent cinquante personnes ont été placées en garde à vue hier soir à l’issue des incidents lors de la manifestation anti-Hollande à Paris, a annoncé une source policière.

    La bête immonde est toujours là !
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    Flavius



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    Les Obsessions antisémites de la Gauche

    Message par Flavius le Mar 28 Jan 2014 - 12:27

    Un livre commenté par Manfred Gerstenfeld

    Le livre le plus récent de Wistrich, From Ambivalence to Betrayal : The Left, the Jews, and Israel [De l’Ambivalence à la Trahison : La Gauche, les Juifs et Israël], est un nouveau tour de force, en matière d’érudition. Le livre apporte une analyse fascinante de l’évolution des perceptions de l’extrême-gauche et des sociaux-démocrates sur ce qu’on a coutume d’appeler « la Question Juive ».

    Commençant son investigation au dix-neuvième siècle, Wistrich étudie une longue période. Ce panorama étendu permet au lecteur de parcourir les stéréotypes antisémites de l’extrême-gauche, qui ont resurgi , au cours des dernières décennies, sous diverses métamorphoses. Par exemple, approximativement cent ans avant que les Nations-Unies n’adoptent leur résolution infâmante « Sionisme = racisme », en 1975, Karl Kautsky, le théoricien dominant parmi les sociaux-démocrates allemands, avait, déjà, taxé le Sionisme comme une expression du racisme (308).

    Kreisky, un Archetype juif de la Haine de Soi

    Le dernier quart du livre, sur lequel nous allons nous concentrer, traite des problèmes relatifs à la période de l’après-Seconde Guerre Mondiale. Le Chancelier autrichien Bruno Kreisky, sur qui Wistrich a déjà publié une étude précédente, est décrit comme le Juif d’extrême gauche typique de la haine de soi. De façon intéressante, Kreisky affirme qu’il n’a pas souffert d’antisémitisme dans sa jeunesse, une prétention qui semble hautement improbable, si on prend en compte les événements qui se sont déroulés en Autriche, dans la période de la Seconde Guerre Mondiale. Wistrich écrit que Kreisky était “Ce genre de Juif qui décerne aux Autrichiens non-Juifs une totale disculpation de tout sentiment latent de culpabilité pour leur rôle prédominant dans la Shoah ». Kreisky l’a fait de multiples façons. Il s’en est pris impitoyablement à Simon Wiesthental , qu’il a brocardé comme un « dangereux réactionnaire ». Il a aussi déclaré : « Si les Juifs forment un peuple, alors c’est un peuple affreux » (496). Kreisky s’est avéré être un pionnier du dénigrement d’Israël comme « semi-fasciste » et Etat « d’Apartheid ». Dans sa vision, Israël était « non-démocratique », « clérical » et « militariste » (480).

    Les antisémites contemporains trouvent qu’un Juif du genre de Kreisky est particulièrement utile à les absoudre de toute critique, puisqu’ils ont la ressource de citer des Juifs qui partagent leurs opinions. Elhanan Yakira, dans son livre Post-Zionism, Post-Holocaust : Three Essays on Denial, Forgetting, and the Delegitimation of Israel [Post-Sionisme, Après-Shoah : Trois essais sur le Négationnisme, l’Oubli et la Légitimation d’Israël], y traite d’un problème très voisin. Les Juifs post-sionistes – en fait, les Juifs antisionistes – diabolisent Israël. De cette façon, ils deviennent membres à part entière d’une « communauté intellectuelle de dissimulateurs partageant le même esprit ». Yakira ajoute que, « Le meilleur moyen de progresser dans les cercles universitaires internationaux est de faire partie du système. On est alors, fréquemment, invité à l’étranger et publié, même si son travail n’a guère de contenu significatif ».

    L’approche du style de celle de Kreisky ne marche pas à tous les coups, même si l’on est un antisioniste extrémiste. C’est le cas, notamment, dans le contexte des dictatures. Rudolf Slansky, ancien dirigeant communiste tchèque et personnage central du Procès de Prague , montés de toute pièce, en 1952, y a été accusé de « Sionisme ». Wistrich fait remarquer que c’était un « ennemi juré d’Israël et de l’entreprise sioniste toute entière, qui avait posé son veto contre la vente d’armes lourdes à l’Etat Juif, après 1948 ». Il y avait bien d’autres extrémistes antisionistes, parmi les Juifs constituant la majorité des accusés, durant le Procès. Ils étaient obligés d’avouer sous la contrainte, dans le style tout-à-fait classique du Communisme, qu’ils n’étaient que « bourgeois nationalistes juifs » [i.e : « Sionistes »] (450).

    L’Antisémitisme ancré dans la Culture Britannique

    L’auteur, qui a été élevé en Angleterre et qui a traité, ailleurs, du problème de l’antisémitisme anglais , titre l’un de ses chapitres : « Grande-Bretagne : un cas qui se prête au traitement de choc ? ». Wistrich considère l’antisémitisme comme profondément ancré dans la culture britannique, remontant à plus d’un millénaire. Il rappelle, également, à quel point les Juifs ont été « associés autant au Communisme qu’au Capitalisme, au début du 20ème siècle », par les antisémites (539). Après la Seconde Guerre Mondiale, Ernst Bevin, le Secrétaire aux affaires étrangères du Parti travailliste, était perçu par beaucoup, dans la Palestine d’avant l’avènement d’Israël, comme le pire antisémite de Grande-Bretagne.

    Wistrich cite de nombreuses sources contemporaines d’incitation à la haine anti-israélienne, provenant de la Gauche britannique. Parmi les journaux, le Guardian , de gauche libérale, détient un rôle prédominant. Wistrich rappelle qu’il a comparé la campagne militaire d’Israël à Jénine, après l’attentat-suicide massif, au Park Hotel de Netanya, en Israël, au 11 septembre. Le Guardian écrit que l’action israélienne « a été, en tout point, aussi repoussante dans sa précision, et non moins douloureuse et en tout point, de la même façon, préparée par l’homme ». Le journal a ajouté que la campagne de Jénine « détient déjà cette aura d’infamie qui est liée à un crime de notoriété publique » (544).

    La BBC, appartenant à l’Etat, détient une place toute particulière, dans la propagation de la haine anti-israélienne. Elle est dominée par des employés de tendance libérale de gauche (543). L’avocat des litiges, Trevor Asserson a entrepris un grand nombre d’études très bien documentées, où il énumère les distorsions systématiques de la BBC, à l’encontre d’Israël. Il a découvert que « les actualités, dans les reportages de la BBC, au sujet d’Israël sont déformées par omission, par inclusion, en donnant uniquement des faits partiels, par la sélection des personnes interviewées et par l’information fournie sur le contexte de l’évènement ou l’absence de tout contexte ».

    Les sources de gauche abondent, en Grande-Bretagne, s’agissant de haine d’Israël. On peut les trouver à travers toute l’extrême-gauche, les syndicats, les partis travailliste et libéral, le théâtre et ailleurs. On doit espérer que Wistrich analysera un jour, en détail, les réactions plutôt mielleuses, provenant de beaucoup de dirigeants de la Communauté juive, face à la diffamation d’Israël qui se propage continuellement (et qui ne se limite, évidemment, pas à la gauche).

    L’Alliance islamiste-marxiste

    A la lumière des réalités d’aujourd’hui, le chapitre de Wistrich sur l’alliance marxiste-islamiste revêt une grande importance. En 1954, Bernard Lewis a rédigé un article séminal sur : « quelles propriétés, quelles tendances existent en Islam, dans la civilisation et la société islamique, qui puissent, soit faciliter soit entraver la progression du communisme ? ». Il semble, aujourd’hui, amusant de constater qu’à l’époque, Lewis sentait le besoin d’explique pourquoi il avait les qualifications pour traiter le sujet, malgré qu’il n’était pas ancien communiste, une qualité sur laquelle il écrivait : « qui, de nos jours, est généralement acceptée comme « conférant autant l’autorité que la respectabilité ».

    Lewis remarquait que la propagande communiste contre l’Occident pouvait toujours compter sur une réponse positive du monde musulman, lorsqu’elle s’en prenait à l’impérialisme. Là, le communisme rencontrait aussi une vague de sympathie, du fait de l’extrême juxtaposition des masses paupérisées et du nombre très rare de gens très opulents dans les pays musulmans. Lewis mentionnait que la doctrine communiste de l’Etat contrôlant la vie économique n’était pas aussi étrangère au monde de l’Islam. Il déclarait aussi que les tentatives de présenter l’Islam et la démocratie comme identiques étaient fondées sur « une incompréhension soit de l’Islam, soit de la démocratie, soit des deux à la fois ».

    Wistrich met à jour près de 60 ans d’évolution du problème des liens entre le communisme et le monde de l’Islam. A cela, il ajoute la collaboration plus récente entre l’extrême-gauche et les Islamistes radicaux. Il cite le dirigeant terroriste marxiste arabo-palestinien George Habash, qui déclarait que cette branche de l’OLP tirait ses sources d’inspiration, à parité de l’Union Soviétique et du fondamentalisme iranien. « Au-delà de l’idéologie, nous avons en commun les mêmes fondamentaux sur l’anti-impérialisme, l’antisionisme et de l’anti-israélisme ». (564).

    Wistrich écrit que de nombreux Chi’ites partagent, également, le principe léniniste selon lequel : “ tout ce qui propage la révolution est bon en soi et tout ce qui s’y oppose est mauvais » (565). Le Guide Suprême de la Révolution Islamique iranienne, l’Ayatollah Khomeiny était, en partie, influencé par l’Islamo-marxiste Al-Shariati, un théoricien du « Chi’isme Rouge ». Comme les Nazis, les Communistes voient les Musulmans comme des alliés potentiels (66). Le Baathisme irakien, selon Wistrich, combine « un mélange éclectique de nationalisme arabe, de thèmes socialsites, nazis et staliniens », qui a trouvé sa pleine expression sous Saddam Hussein (570).

    Parmi les promoteurs de l’alliance entre la gauche radicale et l’Islamisme, on trouve divers personnages comme le Président vénézuélien Hugo Chavez, le dirigeant britannique du Parti du Respect, George Galloway et le terroriste Carlos. De l’autre côté, le philosophe musulman Tarik Ramadan maintient des contacts avec la gauche anti- globalisation, à travers la même hostilité à l’économie néo-libérale. Il est soutenu par des néo-communistes, des Troskystes et des cercles tiers-mondistes en France (579).

    Mais encore, des Sociaux-Démocrates collaborent également avec les Jihadistes. Autant Kreisky que Willy Brandt ont reçu Arafat avec tous les honneurs, lorsqu’ils étaient à la tête de l’Internationale Socialiste. Wistrich écrit : « C’était la première fois que des dirigeants socialistes légitimaient publiquement le Jihad palestinien comme s’il était réellement laïc, une véritable entreprise démocratique » (571). Le Premier Ministre socialiste espagnol José Luis Rodrigues Zapatero a insisté sur sa solidarité avec les radicaux palestiniens, en portant ostensiblement le Keffieh (581). Wistrich fournit beaucoup d’exemples de ce type de collaboration.

    Conclusion

    La gauche contemporaine antisémite est un grave problème qui mérite la plus grande attention. Le traitement de l’incitation à la haine anti-israélienne dans les syndicats de pays tels que la Grande-Bretagne, l’Irlande, la Belgique, la Norvège et le Danemark, d’une part, l’anti-israélisme et l’antisémitisme au sein de la gauche nordique vient immédiatement à l’esprit. Le deux-poids-deux-mesures des partis socialistes européens envers Israël, réclame aussi une investigation attentive.

    Ce livre magistral de Wistrich apporte une contribution majeure à notre compréhension de l’antisémitisme de gauche . Il représente un apport supplémentaire à ses travaux séminaux sur l’histoire de cette haine éternelle, ses incarnations contemporaines et sa nouvelle transmutation : l’anti-israélisme. Au même moment, beaucoup reste à écrire sur l’antisémitisme et l’anti-israélisme de gauche, tous deux étant en état d’évolution permanente.

    Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans. Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

    Cette note de lecture de livre a été publiée, à l’origine dans la Jewish Political Studies Review [Revue Juive d’Etudes Politiques].

    Adaptation : Marc Brzustowski.
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    Flavius



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Flavius le Mar 28 Jan 2014 - 12:33

    jacot3 a écrit:
    La bête immonde est toujours là !
    Les temps sont durs.....et l'éternel bouc émissaire va encore servir.


    Je pense que cette fois-ci, les ignorants se trompent de clients. Les boucs en question connaissent l'histoire et je ne pense pas qu'ils soient disposés à se laisser manger la laine sur le dos.
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    Ara



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    Re: Antisémitisme, racisme et xénophobie

    Message par Ara le Mar 28 Jan 2014 - 13:21

    Flavius a écrit:


    Je pense que cette fois-ci, les ignorants se trompent de clients. Les boucs en question connaissent l'histoire et je ne pense pas qu'ils soient disposés à se laisser manger la laine sur le dos.

    Je l'espère de tout coeur,mais connaissant la nature humaine je n'ose me permettre cet espoir . No 


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